Pour ceux qui n'ont pas eu la chance ou la patience de faire des études supérieures, vous ne pouvez pas goûter au
bonheur si particulier du mémoire de fin d'études que l'on doit faire pour obtenir son Bac+5.
Bon moi et mon karma de merde, j'ai tiré la bonne pioche car je resterai en Bac+3 pour cette formation, même si j'ai un excellent résultat. Et oui, partout où y a une faille, t'auras toujours un gros manche pas loin pour te faire enculer.
Quand je suis en repos (je vous parlerai de mon taf prochainement, et de mon karma de merde à la même occasion), tous les après-midis, je rédige mon mémoire. Enfin, rédiger... disons que quand je rédigeais, à chaque fois je devais recommencer parce que mon directeur de formation me cassait tout le temps les noisettes pour un oui ou pour un non. Du coup, la rédaction, qui à mon sens est le jet final, je l'ai pas entamée. Non, je continue toujours à construire mon mémoire, petit bout par petit bout, selon l'inspiration.
Le lepori sapiens a une cadence de travail spéciale. Tout d'abord, quand il s'agit de bosser son mémoire, autorisation de se fringuer comme une poubelle ; de toute façon, il est coincé chez lui et ne sortira pas. Pas besoin de se laver tous les jours et tout ce qui va avec. Sauf la bouffe. Bosser son mémoire donne énormément faim, et à titre personnel mes anneaux de Saturne se sont bien étendus ces dernières semaines.
14 h 00. Début des hostilités. Ouverture d'Open Office et remémoration du travail de la veille et de l'inspiration d'aujourd'hui (qui est souvent proche du zéro absolu).
A 14h30 ça donne à peu près ça :
Vers 15h15, on arrive plutôt à quelque chose comme ça :
Plus ou moins 16h00, une pause (souvent) imprévue. Etre connecté à Internet ça distrait facilement.
17 h 00. L'heure du diable. Tu sens que c'est plus l'après-midi et que le soir arrive, et ton mémoire n'avance pas malgré tout ce que t'écris depuis des jours. Et oui, parce que le mémoire, c'est un perpétuel recommencement, sensé affiner tes recherches, tes questionnements, tes pistes... mais moi ça m'effile surtout mes défenses psychologiques, et le craquage maso-dépressif finit toujours par poindre, pour mon plus grand énervement.
17h30 : Usage des dernières ressources quotidiennes. Dans l'élan du désespoir l'étudiant y retrouve une énergie puissante et n'a jamais été aussi inspiré de la journée que maintenant pour bosser.
18h00 - 19h00 : Selon la forme, on arrête là. Et la dernière des choses dont on a envie de parler, c'est de ce fléau textuel qui nous viole le cerveau chaque jour. Et bizarrement, alors que vous êtes prêts à vous vider le jus neuronal devant un bon FPS ou un Shmup bourrin, vous avez toujours quelqu'un qui vous téléphone, en vous posant dès le départ la question interdite, la question blasphématoire, la question qui te donne envie d'enfoncer une barre à mine dans l'orifice de chaque être vivant avant de finir par te noyer dans ton bol de Weetos sur un air d' Helmut Fritz cordialement balancé à fond par tes voisins ingrats :
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